Berlin, le mur de la honte

Publié le par ump boissy saint leger



                                                                                 1961   -   1989
                                LE MUR DE LA HONTE

Peu avant 19 heures, le 9 novembre 1989,
Günter Schabowski, membre du bureau politique du SED (Parti communiste est-allemand), tient une conférence de presse à Berlin-Est. Devant les caméras de télévision, il annonce, de manière un peu improvisée, que désormais, les voyages privés vers l'étranger "peuvent être autorisés sans présentation de justificatifs".

Quelques heures plus tard, dans la plus grande confusion, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. De jeunes Allemands - de l'Est comme de l'Ouest - s'attaquent au Mur qui divise Berlin depuis le 13 août 1961, prélude au démantèlement du   bloc communiste à l'Est.


Le 13 août 1961, les berlinois découvre avec stupéfaction leur ville divisée en deux par un réseau de barbelés. Cette décision prise la veille par le conseil des ministres de la RDA devait permettre officiellement d'endiguer l'exode de ses ressortissants vers la RFA. Mais elle cachait surtout des problèmes bien plus anciens liés au contexte international de l'époque, celui de la Guerre froide.

Berlin, un enjeu international

C'est à Berlin que ce conflit émergea en 1948 avec le blocus, et c'est là qu'il s'achèvera 40 ans plus tard avec la chute du Mur de Berlin. 1961 marque donc un tournant décisif dans cette histoire où les enjeux économiques, politiques et idéologiques sont au cœur du conflit qui oppose les Etats-Unis à l'URSS. Or, c'est la situation bien particulière de Berlin qui explique qu'elle soit l'objet de toutes les attentions. Il faut rappeler qu'à la sortie de la Deuxième Guerre Mondiale, les grands vainqueurs se partagent Berlin et divisent la ville en quatre secteurs : américain, français, anglais et soviétique. Or, tant que les alliés d'autrefois s'entendent, il n'y a pas de soucis sauf que la situation se complique. C'est donc ainsi qu'un mur a émergé.


L'opération " Muraille de Chine "


Décidée par Ulbricht et planifié par Honecker, elle mettra moins d'une journée pour être appliquée. L'armée populaire et la police des frontières mettent alors le projet à exécution. Les frontières sont fermées, les transports en commun interrompus. Des barbelés et barricades sont installés et les chaussés dépavées. Berlin Est est sous contrôle et ses habitants ne peuvent donc plus se rendre à Berlin Ouest ou en RDA. Le 23 août, Berlin Est n'est plus accessible.

Un Mur sous haute surveillance

Le régime Est allemand peaufinera au cours des années l'amélioration de la surveillance du Mur. Si en 1961 et 1962, les fortifications ne représentent que 12 km de mur, en 1970, elles atteignent 155 km. Dès 1972, le mur est considéré comme infranchissable. Le nombre de miradors augmente, un second mur est édifié, renforcé par des pièges et surveillé par des rondes incessantes de Vopos et les points de passage entre l'Est et l'Ouest sont limités à deux, Checkpoint Charlie et celui à proximité de la gare de Friedrichstrasse. Les tentatives d'évasion ont donc été nombreuses. On estime à 5 043 le nombre de personnes à avoir réussi à franchir le Mur et à 239, le nombre de fugitifs à avoir été tués. Tunnels, voitures, bateaux, câbles métalliques, déguisements, les moyens pour passer le mur furent parfois des plus surprenant. L'évasion collective la plus spectaculaire reste quand même celle des 57 personnes qui creusèrent un tunnel sous les fortifications de la frontière. La pression populaire face à ce manque de liberté conduira à fissurer le régime soviétique.

La chute du Mur, premier pas vers la réunification


Plusieurs facteurs ont donc joué dans l'effondrement du Mur de Berlin. Tout commence vraiment à s'accélérer avec la visite de officielle en RFA de Mikhaïl Gorbatchev en mai 1987. Ce dernier mène une politique novatrice marquée par l'abandon de la doctrine Brejnev. Le 7 octobre, de nombreuses manifestations de protestations contre le régime ont lieu et les allemands demandent à Gorbatchev de leur venir en aide. Le 18 octobre 1989, Honecker est limogé et le 9 novembre 1989, le Conseil des ministres de la RDA décide l'ouverture du mur de Berlin et des frontières. Des milliers de Berlinois de l'est comme de l'ouest se regroupent autour du mur de la "honte" pour célébrer la fin de 28 années de séparation.

                                                                                                                        

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